Harcèlement, maltraitance physique et psychologique, agressions sexuelles, humiliations répétées : ces violences touchent des centaines d'enfants chaque année, dans les établissements publics comme privés.
Les chiffres sont accablants. Selon la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise, 2023), 160 000 enfants subissent des violences sexuelles chaque année en France. Près de la moitié se produisent au sein d'institutions censées les protéger : écoles, internats, structures périscolaires, clubs sportifs, institutions religieuses.
Plus précisément, 40 % des violences sexuelles commises dans un cadre institutionnel ont lieu à l'école. Ces établissements, qui devraient être des espaces sûrs, deviennent pour certains des lieux de traumatismes profonds.
Selon la DEPP (Ministère de l'Éducation nationale), près d'un collégien sur deux déclare avoir été victime de violences répétées à l'école. Un sur dix rapporte avoir subi des violences physiques ou sexuelles au sein de son établissement.
Ce qui est inacceptable, c'est que ces violences soient encore trop souvent niées, étouffées ou ignorées. L'administration se protège plutôt que de protéger les enfants. Les adultes détournent le regard. Les équipes manquent de formation pour repérer les signaux d'alerte. Et les victimes restent seules.